Avant de lancer ta marque de fringues

article

J’ai envie de partager mes réflexions sur le business de la mode (côté petite marque indépendante). Je jette ça comme ça là, vous en faites ce que vous voulez. Je ne suis pas une éminence grise du domaine, j’ai juste mes petits périples dans le secteur sous la ceinture, et ma passion de l’entreprenariat.

Comme ça risque d’être un peu long j’en ferai plusieurs articles.

Voici donc les :

« Conseils que je me donnerais si je lançais ma marque de sapes pour nanas, épisode 1 : Avant la robe… ».

Avant la robe existait une femme

Tu as probablement la fibre artistique, et c’est très bien, mais cela peut s’avérer insuffisant (je te ménage)(miser sur son génie artistique c’est un peu comme jouer au loto, en termes de probabilité de toucher le jackpot).

Autrement dit, si tu as dessiné toute ta collection avant de penser à ton business, sors ta gomme, car c’est beaucoup trop tôt. Tu dois avoir plein d’idées, plein d’inspirations, mais pas encore de produit détaillé. Car ce qui va le modeler, c’est ta cible, et c’est elle que tu dois définir avant toute chose. 

Demande toi qui tu as envie de servir, qui es ta cliente idéale. Et décris-la avec le plus de détails possible sans te poser de limite : qui elle est, ce à quoi elle aspire, puis plus vulgairement quelle consommatrice elle est.

Tu devras la connaître un peu comme si elle était ta star préférée et que tu avais 15 ans (avec obsession et passion) mais aussi comme si tu étais son comptable/banquier/mari radin (jusqu’au dernier ticket de caisse quoi).

Qui avait une carte bleue

Une fois que tu en as fait un portrait suffisamment détaillé, mets tes lunettes de financier et analyse froidement les points suivants :

  • En imaginant que ta marque lui plait, quel chiffre d’affaire (CA) minimum et maximum peut-elle t’apporter sur une saison, une année? (tu dois avoir évalué le fric qu’elle est prête à dépenser par saison pour s’acheter des fringues, et la part de cette somme qu’elle pourrait dédier à ta marque lors de l’étape précédente « description de ma cible »)
  • A quel point ta cible est-elle accessible pour toi? (si tu n’as aucun lien personnel ou dans ton réseau avec ta cible, il faut le voir comme un handicap, et à l’inverse un atout si tu es entouré-e de clientes potentielles)

L’idée c’est d’avoir quelques métriques, clients, paniers, ventes, « coefficient d’accessibilité », tu peux en inventer pour faire des simulations.

En croisant les réponses à ces deux question tu peux projeter deux premiers scénario de volume d’affaire.

  • Premier scénario : combien tu aimerais atteindre de CA la première année, à combien de clientes « idéales » cela correspond, selon quel scenario d’achat (combien de ventes, quels paniers). C’est ton scénario « cible » (en général, celui qu’on présente aux financiers).
  • Second scénario : combien de clientes « idéales », selon quel scénario d’achat, tu penses pouvoir atteindre ta première année, et à quel CA cela fait atterrir. C’est ton scénario « réaliste » qui prend en compte ta capacité à faire.

Si les chiffres du scénario réaliste sont très éloignés de ceux du scénario cible, il faut essayer de comprendre pourquoi et quels sont tes leviers pour atteindre ta cible.

Imaginons que tu aies projeté 50 000 euros de CA ta première année (parce que cela te donne un résultat net qui te paraît cohérent pour une première année) et que tu estimes pouvoir atteindre 180 clientes ta première année. Lorsque tu as décrit ta cible, tu as estimé qu’elle dépensait en moyenne 1200€ par an pour s’habiller, et qu’elle pouvait en consacrer 20% à des marques qu’elle ne connait pas, soit 240€. Tu estimes pouvoir capter 30% de cette somme, soit 72€. Tu peux donc espérer 180 x 72 soit 12 960€ de CA, non pas 50 000€.

  • Est-ce que la cible que tu vises a une capacité d’achat suffisante, ou est-ce que tu ne devrais pas viser une cible qui dépenserait davantage pour toi?
  • Est-ce que tu as la capacité à augmenter le volume des ventes, soit en atteignant plus de monde, soit en augmentant la fréquence d’achat par client?
  • Est-ce que finalement ce n’est pas le résultat que tu veux atteindre qui n’est pas réaliste? Est-ce que tu peux diminuer tes charges pour projeter un CA plus modeste? Ou est-ce que tu peux dégrader ton résultat net estimé?

A ce stade on est sur des hypothèses très grossières mais c’est important de se poser ces questions tôt pour anticiper les difficultés.

Mais aussi ses aspirations

Accepter de remettre en question ta cible peut-être douloureux en particulier si tu as fait l’erreur de la confondre avec ton égérie. Tu as projeté dessus ton identité de marque, c’est bien normal de vouloir la défendre! Mais bonne nouvelle : une égérie n’est pas une cible, ce sont deux choses différentes :

  • Ton égérie, elle incarne les valeurs et l’image de ta marque
  • Ta cible aspire à incarner ces valeurs et cette image

Ce désir naît de la frustration de ne pas y être justement, c’est en cela qu’égérie et cible sont fondamentalement différentes. Mets de côté le portrait de ton égérie pour plus tard, et re pose toi la question de ta cible sérieusement. Celle qui n’incarne pas ta marque mais y aspire.

La définition de ta cible est un processus itératif, à réenclencher périodiquement en y injectant les nouvelles informations que l’expérience va t’apporter. Mais disons qu’à chaque fois que scénario un et deux s’accordent à peu près, tu peux considérer que tu as une vision stabilisée de ta cible et te baser dessus pour passer à la suite… Le produit !

Qui sera le sujet du prochain épisode. En attendant si tu te poses des questions sur le processus de production et les différents métiers qui interviennent, tu peux lire cet article.

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Premier portrait sur Photoshop

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Comme annoncé dans mon précédent post, j’ai réalisé des portraits pour la marque Fly on my Nose. C’était la première fois que je produisais autre chose que Titanne sur Photoshop, autre chose que du dessin cartoonesque, un trait noir sur fond blanc, basta. Il a fallu trouver comment introduire des ombres, de la lumière, et un peu de couleur, repérer les détails qui font la différence, bref expérimenter.

Sur deux dessins produits vous verrez déjà la différence. Dans les deux cas je suis partie d’une version papier que j’ai scannée et qui a constitué mon crayonné. Je l’ai ensuite « décalqué » et « habillé », layer après layer, sur Photoshop.

Voici le premier portrait dans ses versions successives :

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La version papier

Je suis partie d’une photo prise par le Satorialist. Je voulais des portraits de belles femmes mais pas de mannequins, des visages avec un peu de caractère. Le résultat c’est que, comme d’habitude, mon cerveau a « corrigé » ou plutôt « rendu moyen » beaucoup de choses. Par exemple ses yeux étaient plus grand et plus proéminents, ils sortaient davantage des orbites. C’est très léger dans mon dessin.

J’ai aussi pu mesurer la difficulté du 3/4 auquel je n’étais pas habituée. Sur la photo d’origine, son visage est très éclairé par la droite, si bien qu’on ne voit quasiment pas les contours de son visage. Le manque de repères visuels est encore une difficulté supplémentaire.

Autre première pour moi, j’ai voulu essayer les feutres (je ne fais quasiment que tu crayons d’ordinaire, et pas de couleur). Là dessus je crois qu’il n’y a rien à en conclure, l’essai est beaucoup trop timide. Le vrai challenge aurait été de lui colorer la peau et les cheveux au feutre mais je n’ai pas osé de peur de la massacrer!

C’est sur la base de ce dessin que j’ai « pitché » à Ingie (fondatrice de Fly on my Nose) mon idée de portrait de « femmes FomN » mettant en avant un détail beauté ou de style, illustrant une citation « tip » (conseil) comme si Ingie vous parlait.

Le dessin papier, avec toutes ses imperfections ne collait pas trop à l’image de la marque, je lui ai donc proposé de passer sur photoshop, ce qui me permettait aussi de modifier/agrémenter le dessin comme bon nous semblait. Nous avons décidé d’ajouter un produit vendu par FomN, en l’occurrence, la boucle d’oreille Camille Enrico et de changer la couleur du manteau pour qu’il soit davantage dans les couleurs FomN (ici, un rose proche du rose du logo).


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Première version Photoshop

La version ci-dessus est mon premier dessin « réaliste » sur photoshop. Ca sent bien l’expérimentation! Les traits grossiers des cheveux rappellent le style BD auquel je suis habituée, alors que les yeux, le nez et les lèvres sont beaucoup plus réalistes. Sur le manteau, changement total de style, on passe carrément à la peinture. Bref, l’ensemble n’est pas cohérent, pas harmonieux. Et puis, même si le col relevé et supersize est un élément important, elle disparait totalement dans son manteau malabar. L’association de sa couleur et de sa texture (je ne saurais même pas expliquer les brosses, les outils, j’ai fait les choses complètement au pif) le rend écoeurant je trouve.

Ingie quant à elle, m’a demandé d’affiner les cheveux, d’y mettre plus de douceur et de rendre sa bouche plus discrète.

J’ai donc tout retravaillé pour la rendre plus « classe » et épurée.

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Version corrigée

D’abord, le manteau : noir et sans texture particulière, il prend beaucoup moins de place, met davantage en valeur la boucle et le visage. Les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Ensuite, sachant que dans le « tip » on voulait parler du col et de la boucle, j’ai décidé de supprimer la couleur de ses lèvres, trop distrayante. Je pense que si l’ensemble du dessin avait été coloré elles seraient passées davantage inaperçues mais la difficulté de trouver une harmonie de couleurs, qui plus est cohérente avec les couleurs FomN était trop grande pour moi.

Ensuite il s’est passé ce qu’il se passe toujours. A force de retravailler son visage, j’ai effacé toutes ses particularités. Les yeux et la bouche sont devenus plus petits, et le nez est passé de « droit » à légèrement « en trompette ». Elle est peut-être plus jolie, mais aussi « édulcorée ».

Je pense que cela rendait davantage service à la marque ainsi, car à ce stade de ma pratique je n’avais (et n’ai toujours pas) pas de style « signature », j’étais en pleine exploration. En faisant quelque chose de joli mais neutre, j’ai laissé le maximum de place à la marque et aux projections que ses clientes pouvaient faire dessus. Et au moins ce « non style » est quelque chose que je savais pouvoir reproduire.

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Version finale

Il s’agissait ici de trouver la place d’intégrer le « tip », de rappeler le logo de la marque avec la pastille et de mettre en avant le produit, soit la boucle d’oreille. Il a donc fallu couper le col oversize, le recul permettant de le voir rendant la boucle d’oreille ridiculement petite.

Nous étions toutes les deux satisfaites du résultat. Aujourd’hui évidemment j’ai un peu plus de recul et je vois tous les défauts mais je trouve qu’au moins le dessin rend service au message. C’est la citation qui est mise en valeur, plus que le produit. Cette femme qui semble presque sortie du cadre, qui vient de passer, vous laisse une impression, et cette impression est directement associée au « tip ». On vous explique les détails qui font qu’elle vous reste un peu dans la rétine, et qui feront que demain vous laissez cette même impression sur votre passage. Quelque chose comme ça 😉

Voilà vous savez tout sur le processus de création de ce premier dessin pro. Vous verrez qu’au second portrait j’avais déjà plus de technique, dans un prochain article!

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Collab Titanne x Fly on my Nose

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Au risque de me porter malheur par une annonce prématurée, je travaille actuellement à une série de portraits de femmes destinés à la marque Fly on my Nose. Ma première collaboration professionnelle! Je suis très excitée et surtout je me rends compte à quel point je suis faite pour ça! Mes écouteurs dans les oreilles, je passe des heures à ma table, j’en oublie de manger, boire, aller aux toilettes et je m’émerveille de voir émerger les visages, la lumière, un autre monde dans ma feuille de papier.

Même si ces dessins sont plus travaillés que Titanne, je me laisse beaucoup plus aller pour les réaliser. Mon cerveau ce sont mes yeux et ma main, rien d’autre n’existe c’est presque un état méditatif. Titanne raconte une histoire, poursuit un objectif complexe et intangible: créer telle ou telle émotion chez le lecteur. C’est beaucoup plus prise de tête! Même si j’adore aussi…

J’apprends tous les jours de ma pratique sur le papier, et demain sur photoshop. Elles vont toutes y passer et il y à fort à parier qu’elle vont beaucoup changer! Rendez-vous chez Fly on my Nose pour la version finale :)

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L’autre jour chez le psy #4

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Ceci est un remake de cela. La précédente version n’était pas comprise, or je me sentais assez sure de mon fait sur le potentiel comique de mon surinvestissement dramatique face à l’indifférence (feinte évidemment) de mon psy. Inspiré d’un « Je n’y crois pas. » qu’il m’a balancé après des mois de thérapie à propos de mon auto analyse.

Bref, le lecteur ne comprenais pas que j’étais chez le psy, ne comprenais pas que les bulles sortaient de sa bouche, et que faire des phrases de narration. De plus, tout le monde ne connait pas André Manoukian ou ses répliques choc lorsqu’il était juré de la Nouvelle Star. J’ai donc re tenté, en apportant les améliorations suivantes :

– Faire entrer la figure du psy dans le cadre, dans une posture reconnaissable. Cela m’a permis aussi de résoudre le problème des bulles qui sortaient de nulle part.

– Simplifier la narration. Le titre suffit à poser le contexte, les images à exposer le ressort comique. Pas d’autre blabla. Quand on explique pourquoi c’est drôle, c’est jamais drôle.

– Me concentrer sur un seul ressort comique, le contraste entre mes transports et l’indifférence de mon psy. Mettre en scène mon psy comme un juré de la Nouvelle Star ce sera pour une autre fois. Ou pas.

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Neat freak

Ce qui arrive fréquemment (très) lorsque je raconte ma vie à mon amoureux…

 

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