2013, l’année de la régression

En 2013, j’ai grandi, mais à l’envers. Un peu comme un poil incarné, vous voyez?

J’ai exploré les racines de mes limites. J’ai régressé ou « évolué vers une forme plus primitive« (enfin surtout mon cul)(déesse de la fertilité style).

C’est ce que j’appelle ma « crise de la trentaine« .

A l’origine de tout, le concept d’ « horloge biologique ». Maturité d’âme, désir d’amour (maternel en l’occurrence) qui fait pousser des ailes et repousse les limites de ce qu’on se sent capable de faire (par exemple, prendre le métro avec une poussette). Comme une poussée d’hormone/super pouvoir (biologique) que ton corps t’envoie quand il sait qu’il est prêt (horloge).

Pas du tout. J’avais pas compris que le message, mon corps me l’avait envoyé il y a presque 20 ans avec mes premières règles (le temps que ça monte au cerveau…).

L’horloge biologique c’est en fait le compte à rebours de la fin de ta fertilité (ce serait plus clair de parler directement d’obsolescence programmée, non?)(c’est pas « ding dong il est temps de faire un enfant » mais « tic tac tic tac il ne te reste que quelques centaines d’heures pour procréer, magnes toi le cul).

A 20 ans t’as tout le temps, à 30 ans c’est déjà le dernier sprint. Ok, ok, à trente ans il te reste « théoriquement » un peu de temps mais d’une part le temps passe beaucoup plus vite à 30 qu’à 20, d’autre part, à 30 ans tu as plus de problèmes avec ton utérus qu’à 20.

En tant que nana trentenaire-ou-presque (peut-être mec aussi, je ne peux pas en témoigner) on entend parfois « Faudrait penser à faire un enfant/fonder une famille… », ce que j’interprétais comme une pression sociale archaïque pour dire « faut te ranger », faire comme tout le monde, parce que c’est ça seul projet de vie « socialement acceptable ». Ma gyneco m’avait dit les choses avec plus de finesse « Un couple, ça a besoin de faire des projets… ». BREF. Tout ça pour moi c’était du blabla de sorcière, de vieille, de casse pieds, aussi superficiel qu’un « tiens-toi droite » ou « finis ta soupe ». J’avais pas compris qu’on comptait mes ovocytes à ma place. J’avais pas compris que je devais les compter (putain merde, mon stock diminue DEPUIS MES 10 ANS vous réalisez ou bien?!).

C’est ce qui pousse nombre d’entre nous à se lancer. Je vois des gens avec qui j’ai grandi, que j’ai vu dans tous les états possibles et imaginables (pas toujours beaux à voir mais je vous aime mes loulous, et je vous comprends-comprenais), tirer brutalement un trait sur leur jeunesse et passer à autre chose. A chaque fois ça me donne un peu l’impression d’être la vache dans le pré qui regarde passer le TGV.

C’est ainsi que j’en arrive à la « crise de la trentaine ».

La crise de la trentaine c’est quand tu réalises que t’es pas du tout là ou tu t’imaginais être à l’âge « adulte ». C’est pas compliqué pour moi il y avait seulement deux possibilités :  je devais soit avoir une carrière de ouf au moins en cours de construction (ça c’était le plan conscient), soit être en train ou proche de fonder une famille (ça c’était le plan inconscient, je savais que je le voulais « un jour », mais pas que j’aurais un sentiment d’échec d’en être loin).

Je me disais qu’à trente ans, il te faut un certain niveau d’accomplissement, t’as l’air d’un ado attardé si rien n’est construit, si t’es pas plus avancé qu’à 20 ans. Tu as passé 17 ans à faire des études pour « préparer ton avenir », il faut bien que ça mène quelque part.

Or je n’ai jamais eu aussi peu de plan d’avenir.

Et je vois bien autour de moi ce mauvais sort infecter des proches, des gens plein de valeur qui en voulaient plus, qui ne savent pas bien où ils en sont, sans bébé (humain ou professionnel), s’en remettre à la bouteille de Pic Saint Loup, au Lexomil, à l’hypnotiseur.

29 ans d’apprentissage pour en arriver là. J’en déduis que faire des plans ça sert à rien. Je suis peut-être pas celle que je pensais être, j’ai surement d’autres choses à explorer. Du coup j’ai décidé de me lâcher la grappe, de régresser, et de casser mes propres préjugés.

J’ai parlé un peu plus fort. J’ai plus souvent dit « non ». Et plus souvent « oui », aussi. J’ai fait des rencontres inespérées. J’ai trouvé une petite voix avec Titanne. J’ai vu un concert de Christophe Maé. J’ai vécu comme une célibataire pour la première fois de ma vie.

Et aussi, J’AI VU UN CONCERT DE CHRISTOPHE MAE (envers et contre tout mon snobisme musical)(et même qu’il dépote plus en concert qu’Alt-J)(oui je sais c’est dur à entendre)(si c’est pas casser ses préjugés ça hein? Hein?!…).

J’ai conclu l’année en dansant tout mon saoul (ce qui est remarquable en soi)(pas le « saoul »,  mais le « dansant ») en anorak, pantalon de surf et moonboots (c’est très libérateur comme attirail), hurlant « We found love in a hopeless place » comme si je le pensais vraiment.

Et pour démarrer l’année, je me suis éclaté le derrière en luge sur un trottoir. Quand je vous parlais de régression.

Bonne année à tous :)

Titanne

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