Je ne suis pas une chienne

C’est quoi une féministe? Est-ce que ça a des crocs, des poils au menton et est-ce que ça aboie?

La question est posée en toute candeur. A force d’émerger dans mon cerveau lors de disputes de couple, d’éloquents exposés de ma grande sœur, de débats avec les copines, de lecture de Causette et de la presse en général (je remarque et j’apprécie au passage ce qui me paraît être une médiatisation sans précédent, mais peut-être n’est ce que mon attention qui s’est polarisée différemment, surtout depuis que j’ai arrêté « Elle » et les magazines people)…

La féministe a-t-elle nécessairement les dents longues ? (va-t-elle a l’encontre de son âme maternelle comme défendu ici par exemple_attention dépaysement assuré)

La féministe doit-elle renoncer aux talons hauts, au maquillage et à l’épilation?

A-t-elle la haine des hommes ? (ou la haine tout court comme Michelle Rodriguez? La question se pose. Ou pas.)

Déteste-t-elle les femmes qui ne sont pas féministes? (« La femme est un loup pour la femme » me répétait Ema)

Se méfie-t-elle des enfants ? (et en particulier des futurs hooligans? serait-ce un adorable petit anglais ou juste mes préjugés?)

Est-elle végétarienne à l’image de Simone de Bougeoir? (j’imagine pour éviter la dépendance au produit de la chasse, activité masculine s’il en est…)

Fait-elle la cuisine? (Et si non, de quoi se nourrit-elle… Titiou semble se contenter de Vodka et de Nutella mais qu’en est-il d’Isabelle Alonso ? Hein ? Et que mangeait Simone _ de Beauvoir cette fois ?)

Mon beauf me dit « ben déjà il y a « iste » à la fin et donc ça veut dire militant » (pour de vrai il parle mieux que ça). Wikipédons en retour (je ne prends rien pour argent comptant dans la vie, c’est une affaire de principe… sauf les définitions Wikipédia) :

« Suffixe substantif, servant à former un nom correspondant à un métier, ou à un adepte d’une activité, d’une idéologie, ou d’une théorie. ». Rien à voir avec militant… Si?

Frères et soeur joignons nos doigts à nos claviers et wikipédons ensemble à nouveau (bonheur simple de l’oisiveté intellectuelle).

« Aux origines, le terme militant (du latin miles, militis : « soldat ») concernait les personnes qui se battaient, les armes à la main, pour défendre (ou imposer) leurs idées et convictions propres ou celles de leur école de pensée. Le militantisme peut désigner un « zèle ardent » dont font preuve certains en vue de rallier des personnes à une cause […] »

La question peut donc se résumer à « Etre ‘adepte’ implique-t-il de faire du prosélytisme ? ». C’est peut-être évident pour certains, pas pour moi.

Pourquoi je cherche à définir une féministe par le trivial, le quotidien ? Parce qu’il me semble que c’est là que le changement s’enracine. Pas dans le coup d’éclat militant qui lui, est un tremplin. Il est nécessaire mais insuffisant pour constituer à lui seul le changement. Il en annonce simplement la possibilité.

Et puis si tout ce qui nous reste à changer c’est de supprimer le « mademoiselle » dans les formulaires administratifs (ce à quoi j’adhère, sans prendre la chose trop au sérieux), j’ose espérer que c’est parce que nous sommes plutôt bien couvertes par les institutions par ailleurs. Notre égalité est rendue possible. Pas évidente, mais possible.

Alors que reste-t-il à faire pour les féministes ? A mon sens, investir les consciences, faire parler d’elles. Se rendre visible, se faire respecter. Comme je le disais plus haut, j’ai le sentiment c’est déjà en cours.

Mais ensuite ? Ensuite le relai est passé aux femmes, à toutes les femmes. A chacune de s’approprier, comme elle le souhaite, l’idée que peut-être la société, son travail, son couple, sa famille pourraient être repensés pour mieux répondre à ses besoins ou aux besoins de ses filles et de ses petites-filles. A chacune de décider ou non de relire l’Histoire avec des yeux nouveaux, neutres ou partisans et d’y voir ou non une remise en question de sa représentation de la femme. Le cœur de la bataille, c’est de mettre chaque femme devant le choix de sa condition (dans notre société où les droits de la femmes sont acquis, ailleurs le combat se joue encore au niveau des institutions).

Je suis profondément individualiste. Je pense que le bien commun naît de l’épanouissement individuel. Je n’en veux pas à une femme qui est heureuse dans une position de femme « traditionnelle » de le choisir. Je peux par contre le regretter si elle n’a pas conscience d’avoir le choix parce que cela signifie qu’elle ne saura pas l’expliquer à ses filles qui elles, pour une raison x ou y, pourraient pour s’épanouir avoir besoin d’être femme différemment.

Je ne suis pas une chienne de garde (tout juste de compagnie). Je n’ose pas le féminisme en dehors de ma petite vie. J’ai conscience de répéter l’Histoire et d’avoir une vision limitée des choix qui s’offrent à moi en tant que femme. Et je fais le choix de laisser cette vision s’élargir d’elle même, en fonction de ma curiosité et de mes envies.

Je précise que ma vision du féminisme n’est absolument pas documentée. A part un cours d’histoire des droits de la femme en France en DEUG et quelques lectures éparses et pas forcément pointues, ma vision est toute personnelle.

Titanne

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