Recomposition

On a beau casser un puzzle, mélanger les pièces, il en est toujours la somme et chaque pièce a toujours la même fonction. On ne peut pas échapper à soi même.

Au départ je ne voulais pas du tout faire ça. Je voulais faire un autoportrait à la peinture. Pourquoi à la peinture? Parce que d’une je n’en ai pas fait depuis des lustres et le jeu avec la matière me manque, et de deux parce que je n’ai jamais peint de portrait. Je suis curieuse de voir ce que je pourrais sortir. Ensuite l’idée de l’autoportrait c’était pour limiter les risques. Je connais mon visage, je l’ai à disposition, et grâce à cette belle invention qu’est le selfie, j’ai un réservoir de photos infini, sous toutes les coutures qui peuvent me chanter.

J’ai commencé par un dessin me disant qu’il fallait un petit échauffement avant de passer au carton toillé. Comme à mon habitude, j’ai commencé à me perdre dans les détails, alors j’ai décidé de suggérer les ombres par des formes géométriques.

Là, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais parce que cela me fait peur, j’ai eu envie de couleurs et de contrastes chaud/froid.

A ce stade j’ai pensé que j’avais bien raison d’avoir peur de la couleur parce que ce n’était pas franchement une réussite. Etant incapable de suivre l’adage « le mieux est l’ennemi du bien », j’ai poursuivi…

Et encore poursuivi…

Moralité : plus dur que la couleur, savoir s’arrêter.

Titanne

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Statu Quo

L’autre jour, chez le psy…

 

 

J’pense que j’tiens le bon bout…

Titanne

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Un piège à cons

Une explication dépassionnée du mode d’action des femen. Je crois que je faisais partie des cons qui avaient besoin de cette mise en lumière pour comprendre leur mode d’action et me faire une opinion. Jusqu’ici à part dire que les gens qui les tabassent sont pitoyables, je ne savais pas trop quoi en penser (probablement par fainéantise oui j’admets). Merci à Joseph Paris.

)

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2013, l’année de la régression

En 2013, j’ai grandi, mais à l’envers. Un peu comme un poil incarné, vous voyez?

J’ai exploré les racines de mes limites. J’ai régressé ou « évolué vers une forme plus primitive« (enfin surtout mon cul)(déesse de la fertilité style).

C’est ce que j’appelle ma « crise de la trentaine« .

A l’origine de tout, le concept d’ « horloge biologique ». Maturité d’âme, désir d’amour (maternel en l’occurrence) qui fait pousser des ailes et repousse les limites de ce qu’on se sent capable de faire (par exemple, prendre le métro avec une poussette). Comme une poussée d’hormone/super pouvoir (biologique) que ton corps t’envoie quand il sait qu’il est prêt (horloge).

Pas du tout. J’avais pas compris que le message, mon corps me l’avait envoyé il y a presque 20 ans avec mes premières règles (le temps que ça monte au cerveau…).

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La vie d’Adèle, une véritable bifle, mais pas que

Allez-y, arguez qu’il s’agirait plutôt d’une vifle, mais avouer que l’image est moins drôle, voire impossible à conceptualiser. Même pour les experts. Pour ceux qui ne connaissent pas, rester dans l’ignorance mes doux agneaux. Faites-moi confiance, vous risquez de le regretter.

Permettez-moi de traduire mon titre en des termes moins racoleurs : « on se prend du sexe plein la tronche » (ça va mieux comme ça?).

Avec bichon on avait beau le savoir (enfin surtout lui), l’avoir lu et relu dans la presse (encore une fois, surtout lui, moi j’en étais restée à « C’est AVANT TOUT une très belle histoire d’amour« , souvenez-vous), force est de constater qu’on ne nous avait pas menti et que ça fait tout drôle. Tout drôle de regarder des scènes quasi pornographiques en communauté. Personnellement j’étais assise à côté d’un monsieur très distingué, la soixantaine, probablement venu se rincer l’oeil en cinéphile avec sa femme dont les soupirs sonores manifestaient désapprobation ou satisfaction, je n’aurais su dire.

Vous pensez peut-être « Oh ça va on est entre adultes et on en a vus d’autres. On a passé l’âge de ricaner à la vue d’un pénis ou d’un vagin. ». Alors certes, mais.

Nous sommes allés voir le film dans un micro ciné indépendant (le big ciné du coin ne le diffusant pas) (tiens donc) (je réside à Versailles) (mais probablement aucun lien), terrain privilégié des intellectuels soixante-huitard que la ville abrite (aussi, si si). Beaucoup de vieux donc à cette projection, mais probablement bien plus transgressifs que mon bichon et moi-même.

Donc en théorie, facile la scène de sexe. Sauf que ça dure, et ça dure, et ça dure, et ça dure, et ça dure… Tant et si bien, qu’on a beau être au dessus de ça, on finit par se tortiller dans son siège, par rire un peu nerveusement (la réaction de bichon), commenter dans l’oreille de son voisin (ma technique pour pouvoir détourner les yeux de l’écran sans avoir l’air de démissionner), ou plus discrètement tousser/se racler la gorge (épidémie dans la salle).

Au delà des longues scènes de sexe pour le moins graphiques, mon impression à la sortie de la séance, c’était que le message du réalisateur était à peu près ça : « in your face sucker! ». Littéralement. Dans ta face.

SI VOUS N’AVEZ PAS VU LE FILM ET QUE VOUS NE SOUHAITEZ PAS ETRE SPOILE, ARRETEZ LA LECTURE ICI.

Du nez à nez (et quand je dis nez je reste polie) quasi permanent. A vous donner envie de reculer dans votre siège, surtout si comme moi vous êtes un peu allergique à l’envahissement de votre espace personnel. Le gros plan perpétuel a fini par me donner mal aux cheveux et la nausée. Peut-être parce que c’était un lendemain de vendredi soir, ou peut-être un peu de claustrophobie.

On est collé à Adèle, à sa gueule, pendant près de 3h. Je suis sortie du film hyper énervée. Je n’en pouvais plus de sa tronche, de sa morve quand elle pleure, du gras autour de sa bouche quand elle bouffe (façon schreck, avec les rots et tout), de ses cheveux dans la figure. J’avais envie de me castagner avec elle : je me cite « Putain à la fin j’avais envie de la moucher, de la coiffer et de la baffer! » (à la suite de quoi on s’est engueulés avec bichon) (lui étant enchanté et selon ses dires « a-mou-reux » et moi étant dans l’état susmentionné, forcément ça a fait des étincelles).

Quoi qu’en dise bichon qui a rétorqué qu’il se payais bien ma face de cake tous les jours, on ne regarde jamais quelqu’un d’aussi près pendant aussi longtemps. Heureusement d’ailleurs que bichon ne se met pas à 5 cm de mon visage quand je me réveille, quand j’ai le nez qui coule ou que déguste avec distinction des spagettis bolognaises, ça deviendrait vite agaçant.

De l’agacement proche de la colère, c’est ce qui m’est resté de ces 3h. Dans un premier temps.

Puis finalement avec le recul, je crois que j’ai compris le personnage et les partis pris du réalisateur. En tout cas j’y ai trouvé un message qui, après avoir déclenché une réaction épidermique, m’a touchée. Que mon analyse soit juste ou non, peu m’importe finalement.

Donc. Adèle selon Tit’Anne.

Adèle a l’innocence et la simplicité d’un animal (elle a souvent une tête de lost puppy). Son corps et son âme ne font qu’un. Pas de pollution de l’esprit, un être sensoriel, charnel. Bichon n’avait pas tort. La sur-proportion de scènes de fesses par rapport à, par exemple, des scènes de complicité/dialogue entre les deux amoureuses, devait nous faire comprendre que l’amour était là, dans l’union charnelle. Adèle exprimait toute l’amplitude de son amour avec son corps, sans discours. C’est pas évident de faire croire à l’amour avec un grand A sans y mettre de mot. C’est peut-être pour nous aider à le comprendre que le réalisateur insiste (à nouveau à coup de gros plans) sur le désespoir d’Adèle au terme de sa relation avec Emma (tous ces pleurs, toute cette morve, et encore une fois, pas de mots).

Le message perçu par Tit’Anne

La vie d’Adèle, c’est le Gargantua d’Abdellatif Kechiche (oui j’ose, à moitié sérieuse). Il y a un message anti intellectualisme, anti vanité. Il nous provoque avec ce personnage littéralement énorme (toujours les gros plans) et « nature » (j’ai pensé vulgaire et crado je l’avoue), et ça marche, ça agace, ça fatigue, on juge, on ne comprends pas la beauté sous-jacente. Puis petit à petit la caméra prend du recul, comme pour juger avec nous. Et étrangement, alors qu’on respire de s’éloigner d’Adèle, on se crispe à l’écoute des discours intellos de l’entourage d’Emma. Ils sont le miroir de notre jugement et pourtant ils nous apparaissent grotesques, décalés, complètement snob. Voire cruels. Adèle est très vite ostracisée par ce milieu (et plus elle l’est, plus la caméra recule), ce qui conduira à sa rupture avec Emma. Alors qu’elle avait un amour de géante.

On commence à comprendre, à vouloir la défendre, à se sentir idiot avec nos jugements à la noix, à se reconnaître dans ces intellectuels qui vivent dans leur tête, brassent de l’air et passent à côté. Et en point final, le retour au gros plan, pour montrer le coeur brisé, la sincérité totale du personnage et nous faire pleinement comprendre notre méprise.

Monsieur  Abdellatif Kechiche, vous êtes un grand manipulateur, et vous m’avez bien eue.

Pour la petite histoire à la sortie du film, j’étais coincée derrière un couple de papy mamie dont l’un se tenait à la rambarde de l’escalier et l’autre à sa canne, et j’ai entendu la petite voix chevrotante de la mamie s’adressant à son mari : « J’ai bien aimé. ».

Moi de même ma ptite dame. Moi de même.

Tit’Anne

 

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« Le problème de la France, c’est qu’elle réfléchit trop »

 

Il avait des yeux menthe à l’eau, la peau caramel et les cheveux blonds 1664. Un physique avantageux donc, malgré une petite insuffisance d’altitude (aller, 10-15cm pas plus), rattrapée par des biceps voluptueusement moulés dans un polo rose tagada. « Miam! » me direz-vous.

Sauf que….

Sauf qu’entre un honnête verre de Brouilly et une rafraichissante bouchée de tartare de thon, le pavé fut lâché. « Le problème de la France, c’est qu’elle réfléchit trop ». A cet instant fut scellé le destin de mon premier rendez-vous adoptunmec. Il serait seul et unique.

Un peu de contexte pour faire justice à cette expérience orpheline:

Ce bon monsieur, charmant au demeurant, travaille au palais Bourbon. Il m’explique qu’une partie importante de son travail est d’être parfaitement au fait de l’actualité, et ce même chez lui, toujours branché sur i-télé et BFM TV.

Ce à quoi je réponds, en toute candeur et sincérité : (“Ben moi en ce moment je suis à fond sur la dernière saison de Dexter”) “Je ne suis pas très intéressée par l’actualité pure. Je préfère les analyses… Tu connais le site Slate ? »  (alors oui, peut-être y avait-il ici un peu de provocation de ma part, un peu d’esprit de contradiction, un peu d’infantilisme mais en même temps c’était la vérité, l’actualité me barbe).

Il n’a pas répondu. Peut-être a-t-il voulu éviter de partager son opinion de Slate pour ne pas me heurter. Ou, peut-être n’a-t-il pas osé dire qu’il ne connaissait pas (est-ce possible? le politique parisien peut-il ne pas connaître?).

Il a préféré enchaîner avec sa réplique magique sur la France qui pense trop. Complétée d’une remarque du genre « Il faut agir! ».

J’aurais pu lui rétorquer que Slate faisait beaucoup d’analyses à la con (pour mon plus grand plaisir) pour me défendre de tout intellectualisme (le fait que ceci me traverse même l’esprit me donne la chair de poule).

OU J’aurais pu répondre que c’était complètement con de dire une chose pareille. Mais comment, sans insulter son intelligence d’une manière ou une autre? Et sans risquer d’ouvrir la porte à un certain discours « décomplexé » qui m’aurait fait vomir mon fondant au chocolat.

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